Chevron

  • Chevron - entrée château

Le nom « Kevuruns » apparaît dès le XIIe siècle en bordure du retable de Saint-Remacle. Le domaine de Chevron fait alors partie des possessions de l’abbaye de Stavelot.

Jusqu’au XVIIIe siècle, ce fief est intégré à la principauté sous forme d’une mayeurie héréditaire avec cour de justice. Les séances se tiennent dans la maison forte, ancien château et résidence des mayeurs héréditaires (située à proximité du château actuel - propriété jouxtant le cimetière). Un accès relie cette bâtisse au jubé de la chapelle voisine. A l’époque, les habitants sont conviés dans la cour du château pour entendre la lecture des communications importantes.

Au XVIIe siècle, de nombreuses enquêtes sont menées à l’encontre de femmes soupçonnées de sorcellerie. Les sentences sont sévères : les accusées sont étranglées, brûlées sur un bûcher ou pendues au lieu-dit « à Pindoû », au-dessus de la ferme de Neuville.

En 1865, la maison forte est démolie. Ses matériaux sont employés à la construction des annexes de la nouvelle demeure construite par les comtes Van den Steen de Jehay.

L’actuelle église, dédiée à l’Assomption de la Vierge, est édifiée en 1875 dans un style néo-gothique.

Le village de Chevron surplombe la vallée de la Lienne où de nombreux lieux-dits évoquent les forges et fonderies du passé (hameau des Forges, heid des Feroux, pré du Neumarteau…). La Lienne prend sa source à environ 600 mètres d’altitude, près de la Baraque Fraiture. Son débit permet d’apporter l’énergie nécessaire aux ateliers situés dans la vallée.

Le schiste de la vallée de la Lienne est reconnu comme riche en manganèse. L’extraction du minerai est attestée dès le XVe siècle, dans un premier temps à ciel ouvert puis dans des galeries souterraines. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, l’exploitation devient industrielle. Parmi les concessionnaires, John Cockerill. D’abord acheminé en chars à bœufs, le transport du minerai s’effectue ensuite sur rail après l’ouverture de la ligne de chemin de fer de l’Amblève (1885).

Jusqu’en 1898, trois concessions sont en exploitation : Bierleux-Werbomont (plus de 80 ouvriers), Moët-Fontaine (50 mineurs), Meuville (moins de 30). Au début du XXe siècle, seule Bierleux connaît quelques sursauts d'activité entrecoupés d'arrêts, jusqu'en 1934.

Sources:

JAROSZEWICZ-BORTNOWSKI M., Ils firent notre histoire : les anciennes seigneuries de La Vaulx Renard, Froidcourt, Lorcé, Rahier, Chevron, 1985.

JAMAR Walthère, Chevron dans le passé, Desoer, Liège, 1938. BONMARIAGE E., Minerai de la Vallée de la Lienne, Le Soir, 22/10/91.

Le 31 octobre 1606, lors de la visite de l’église par l’archidiacre, le curé Sommelette se plaint de l’exiguïté de ses revenus. A l’époque, le curé ne reçoit aucun traitement en argent de la part de l’abbé de Stavelot dont il relève. Il jouit de certaines redevances insuffisantes pour lui permettre de vivre décemment. Il est donc amené à se procurer des ressources supplémentaires. Comme presque tous les paroissiens, il tient du bétail dans son étable. Ces activités extra-sacerdotales amènent parfois des conflits d’intérêts voire de vives disputes entre le curé et ses paroissiens.

Cour de Justice

La cour de justice est composée d’un payeur, d’échevins et d’un greffier. Tous, à part les mayeurs héréditaires, sont nommés par le prince abbé de Stavelot. La cour basse relève tant au civil qu’au criminel des deux hautes cours de Stavelot et de Malmedy et de la haute cour d’appel de Fraipont. Les jugements sont rendus à la majorité. Il existe une commission spéciale pour la poursuite des nombreux voleurs et vagabonds. Elle peut prononcer contre eux la peine de mort suivie d’exécution par la pendaison.

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